Commentaires de presse

Dès la diffusion fin 2005 des quatre films de la première saison de « Verdict », la presse d’information s’est intéressée à l’émission « Verdict », soulignant souvent sa rigueur procédurale et son refus de la dramatisation et du spectaculaire.

En voici quelques exemples, reproduits chronologiquement.


Faits divers : le crime crève l’écran

[…] De son côté, France 5 lance, à partir du 5 novembre à une heure de grande écoute, une collection documentaire inédite intitulée « Verdict ». « L'idée est de décrypter des affaires criminelles peu médiatiques qui illustrent des problèmes sociaux contemporains comme la faillite personnelle, la violence conjugale, la misère sociale, et qui racontent des vies ordinaires qui ont basculé », explique le journaliste Jean-Charles Marchand, rédacteur en chef de « Verdict ». Le tout en installant des caméras et des micros à l'entrée des salles d'audience où sont examinées de vraies affaires, de façon à mettre les téléspectateurs à la place des jurés. Comme au tribunal, le reportage décrit la personnalité de l'accusé, les faits et les dates clefs, les lieux, les photos des victimes, etc. A chaque interruption, les avocats des parties civiles et de la défense ainsi que les magistrats commentent l'audience. […] « Nous avons délibérément écarté toute reconstitution car ce genre n'offre aucune garantie de rigueur, poursuit le rédacteur en chef. Nous ne rejouons pas les scènes, ne faisons jamais appel à des acteurs. » […]

Le Figaro 15 octobre 2005


Un chroniqueur judiciaire décrypte quatre procès d'assises

A vous de juger

De Faites entrer l'accusé aux fictions fantaisistes, en passant par le JT, la justice pénale fascine la télévision. Abordée souvent dans ses aspects les plus spectaculaires, elle reste cependant mal connue. Jean-Charles Marchand, chroniqueur judiciaire depuis plus de trente ans, a donc imaginé Verdict une série documentaire qui décrypte quatre procès d'assises.

Loin des grands faits divers nationaux. Verdict fuit l'exceptionnel pour entrer dans le quotidien d'une justice hantée par les maux de la société : échec personnel, violence familiale, misère sociale. Un projet à la fois simple, puisque le procès (et sa chronologie) constitue le point de départ et le fil directeur de chaque film, et extrêmement compliqué. "C'est vrai que le critère principal dans le choix des affaires a été la faisabilité. Il a fallu convaincre tous les protagonistes. Malgré leur méfiance, certains nous ont laissés les filmer, au bénéfice du doute". Et personne n'a été trahi. La défense (qu'elle s'exprime à travers la voix de l'accusé, d'un avocat, d'un témoin) et la partie civile bénéficient ainsi d'un temps de parole comparable.

Nous n'avons rien éludé des dossiers, précise Jean-Charles Marchand. Nous montrons que la vérité est toujours parcellaire. Rien n'est jamais blanc ou noir, d'où la difficulté de juger. Sans image des débats, les films restituent aussi la dramaturgie propre aux assises à travers les récits des protagonistes et des croquis d'audience. Le suspense est ménagé jusqu'au bout, plaçant le téléspectateur dans le rôle délicat du juré, plongé au cœur de drames humains forcément complexes. Se dessine l'image plutôt rassurante (et plutôt à contre-courant du discours ambiant) d'une justice à visage humain, parfois désarmée, qui compose. Et s'en sort comme elle peut.

Télérama 26 octobre 2005


Crimes à la loupe

France 5, 20 h 55, « Verdict ».

Qu'est-ce qu'un crime parfait ? L'amateur de romans policiers, le lecteur de faits divers ne se lasseront jamais des mille et une réponses, forcément approximatives, à cette question.

Le premier épisode de « Verdict », ce soir sur France 5, creuse cet abîme sans fond. Cette série documentaire aborde, à raison d'une par semaine, quatre affaires criminelles récentes, comme si le téléspectateur, placé dans la tête d'un juré, avait accès à toutes les pièces du dossier. Premier cas : une vallée alsacienne entre lacs et montagnes, un couple de retraités bons vivants empoisonnés à l'arsenic leur fils accusé du double meurtre. Chaque protagoniste est interviewé comme si l'on était happé dans le nœud de vipères d'une famille en apparence très « normale ». On n'ose dire que le charme opère, s'agissant d'un meurtre, mais ce jeu d’échecs où l'accusé, comme un roi encerclé, cherche la partie nulle, se dévore comme un Agatha Christie. Et pourtant c'est filmé de manière neutre : le réalisateur se refuse à toute mise en scène spectaculaire évitant les scènes de reconstitution « fictionnée ». Les faits, et seulement les faits, dans toute leur énigmatique horreur, La justice elle-même y semble moins que jamais une science. Tout au plus un pari, un défi, un pansement plus ou moins bien ajusté sur le chaos du monde.

Le Parisien 3 novembre 2005


Verdict

[…] Les témoins, les experts, les avocats des deux parties, l'avocat général s'expriment en dehors du prétoire, commentent le déroulement du procès, livrent leurs points de vue sur cette vie observée au microscope. La justice, ainsi extirpée de son cérémonial, n'a plus rien d'une machine. Elle s'incarne à travers ses hommes et ses femmes, tantôt fébriles tantôt éloquents, appelés par les circonstances à pencher d'un côté ou de l'autre de la balance, Ce film (et les trois autres de la série) dit mieux que de longs discours la difficulté de juger et nous renvoie à notre position de citoyen ordinaire, de justiciable et de juré potentiels.

Télérama 26 octobre 2005


VERDICT : L'AFFAIRE LABRELL

[…] Moins scénarisée que le magazine de Hondelatte, une nouvelle collection, Verdict se propose de décrypter quelques affaires criminelles, qui ont toutes en commun de souligner l'horreur banale d'un quotidien qui dérape. Crimes sordides d'autant plus terrifiants qu'ils se produisent dans l'intimité de familles ordinaires. Peut-être est-ce là la définition du fait divers, et aussi la raison pour laquelle il fascine tant : raconter l'histoire d'hommes, de femmes, qui nous ressemblent, mais dont le destin, un jour, chavire, à la faveur d'un mystérieux et abominable passage à l'acte.

Pourquoi et comment ces vies ont-elles basculé dans le crime ? C'est la question lancinante qui traverse la série, qui, pour y répondre, remonte le fil(m) de ces tragédies humaines, des origines au procès jusqu'au verdict, livrant un document souvent captivant sur la justice en marche, avec ses doutes, ses incertitudes, ses jugements parfois arbitraires […] le film s'abstient de prendre parti pour l'un au l'autre, mettant le spectateur dam la position inconfortable du juré, qui, à partir d'éléments lacunaires, doit se forger une intime conviction.

Les Inrockuptibles 26 octobre 2005


Verdict

« Il s'agit de comprendre comment des gens que rien ne prédisposait a priori à se retrouver face à la justice ont soudain basculé dans l'acte criminel » et « de révéler à quel point il est difficile de juger », explique Jean-Charles Marchand, rédacteur en chef de la série qui présente quatre procès d'assises. […] Le téléspectateur est placé en situation de juré, ce qui n'est pas évident.

Le Point 27 octobre 2005


Verdict

Série documentaire de Jean-Charles Marchand

[…] Cette première affaire inaugure une série documentaire qui entend décrypter la machine judiciaire française à travers différents faits divers. Passionnant.

L'Express 27 octobre 2005


Les passionnantes reconstitutions des audiences tenues lors de quatre procès en assises.

Juger malgré les doutes

Le 9 octobre 2001, Gabrielle Labrell est prise de violents malaises. Une heure et demie plus tard, c'est le tour de Pierre, son époux Les Labrell à l'hôpital où ils ont été transportés. D'abord, on pense à l'omelette aux champignons du dîner, mais quelque temps après leur enterrement, Florence, leur fille, confie ses soupçons aux enquêteurs. Son frère Arnaud, qui selon elle « a empoisonné moralement nos parents toute leur vie, est, cette fois passé à l'acte ! » Exhumés, les corps des parents Labrell révèlent des doses mortelles d'arsenic, administrées petit à petit au début, massivement pour finir. Ce pourrait être le premier épisode d'une série policière ou d'un téléfilm. Banal. Ce n'est pas cela du tout.

Visage flouté. Verdict, c'est le nom de l'émission, nous entraîne à la cour d'assises de Colmar, où s'ouvre, deux ans plus tard, le procès d'Arnaud. On le sait, il est interdit  sauf rarissime exception  de filmer les procès : tout sera donc reconstitué. Avec les vrais personnages qui, comme ils l'ont fait devant la cour et les jurés, reprennent leur témoignage, leurs convictions, leur version. Souvent filmés juste après l’audience, dans le palais de justice, ce qui ajoute à la sensation de «vivre» le procès. On écoute l'infirmière urgentiste arrivée la première sur les lieux où Gabrielle Labrell se tord de douleur, et l'avocat général, les médecins qui ont soigné Gabrielle et Pierre, en vain: « Un souvenir terrible, rien ne servait à rien.» La famille, Florence qui témoigne, visage flouté par peur de ce frère « dangereux et manipulateur », les avocats, la marraine d'Arnaud et son amie Claire, certaine de son innocence, qui parle du risque d'une « énorme erreur judiciaire ». Voilà le spectateur face au métier de juger, mis en position de juré. « Chaque film, raconte Jean-Charles Marchand, le rédacteur en chef, restitue l'exacte chronologie de l'audience judiciaire. Nous avons également tenu à accorder le même temps de présence à chacune des parties. »

Pas de preuve. Le résultat est formidable et passionnant. Flattant sans doute ce côté voyeur que nous portons tous  ou presque  en nous, nous obligeant aussi à bien des interrogations. Sur les preuves : Où sont-elles ? Eh oui, il n'y en a pas. Il faudra donc, nous explique la voix off, montrer à tout prix qu'Arnaud entretenait avec ses parents d'affreuses relations. Mais là encore il faut s'interroger. Ne sont-ils pas bien fragiles, ces témoignages ? Et que penser de cette psychologue qui décrit un accusé « narcissique et machiavélique » ?

L'épisode suivant, c'est l'affaire Godrie. Là, pas de mystère. Un homme acculé par les dettes décide de flinguer sa femme et de se suicider. Il ne s'est pas tué. Elle survit, mais aveugle, lui pardonne et crie son amour pour lui tout au long de l’audience. Alors comment juger Jean-Claude Godrie ? Combien lui infliger ? Serez-vous d'accord avec les jurés de Douai? On ne vous dira pas la fin, ni celle de l'affaire Labrell. Vous n'avez qu'à regarder.

Dominique Simonnot

Libération 3 novembre 2005


Verdict : l'affaire Labrell

L'affaire Labrell est le premier volet d'une série de quatre émissions consacrées aux procès d'assise. Pour le rédacteur en chef, Jean-Charles Marchand, il s'agissait de présenter aux téléspectateurs le fonctionnement de la justice pénale de l'intérieur. Une autre ambition sous-tend ces quatre films, montrer à quel point il peut être difficile de juger, quand le mobile n'est pas évident, quand les preuves matérielles manquent.

Chacune des quatre affaires est suivie dans l'ordre chronologique et se termine par le verdict. Avant, avec leur accord, les réalisateurs interrogent les prévenus et leurs familles, les témoins, les avocats. Dans un souci d'équilibre, le même temps est consacré à l'accusation et à la défense.

Alors Arnaud Labrell a-t-il tué ses parents ? Sa sœur, Florence en est persuadée. Ses amis en doutent. Le film se décompose en suivant chacune des journées du procès, analysant ce qui s'est dit, sans refaire l'enquête, mais en donnant aux téléspectateurs les mêmes éléments que ceux qui seront présentés à la cour, même si le contexte est différent […]

Le Monde 15 novembre 2005


Une vie en balance

«VERDICT» : l'affaire Labrell

[…] Faute de pénétrer dans la salle d'audience  les caméras y sont interdites, à de rares exceptions près comme dans « L'appel aux assises » (lire La Croix du 13 mars 2004) le documentaire fait vivre le déroulement quotidien du procès à travers le témoignage des différents acteurs et des principaux témoins, cités par les deux parties. L'avocat général, tout comme les avocats de la défense et des parties civiles, argumentent leurs positions avec précision. […] « Chaque film, explique Jean-Charles Marchand, rédacteur en chef de verdict, s'efforce de pénétrer dans la psychologie et le vécu des accusés pour montrer comment et pourquoi leur vie a dérapé. » L'implication personnelle de tous les participants au procès, l'émotion qui se dégage de leurs interventions font partager au téléspectateur les ravages infimes provoqués par une affaire judiciaire. À l'instant du verdict, le cœur se serre...

La Croix 18 novembre 2005


Verdict : L'affaire Pauchet

[…] Comme dans les autres volets de la série, cet épisode s'appuie sur le moment clé du procès, pour retracer la genèse du drame. Rythmé par une audience dont nous ne verrons pas d'image, ce documentaire donne la parole à l'accusé, aux familles, aux proches, aux avocats des deux parties, organise un débat contradictoire mettant en lumière tous les points de vue. Comment qualifier l'acte du mari : homicide volontaire ? Coups mortels ? Simple accident ? Comment prouver la présence, ou non, d'une motivation meurtrière ? Délaissant les grandes affaires criminelles, cette série donne à voir la justice dans ses aspects les plus quotidiens, nous confronte aux ambiguïtés du dossier, éclaire le passé des protagonistes. Chacun a la possibilité d'interpréter les faits, d'évaluer les tenants et les aboutissants d'un acte difficile à classifier. Le film illustre, avec didactisme, la complexité des comportements humains et la difficulté à se forger une intime conviction.

Télérama 2 septembre 2006


Verdict: L'affaire Fauviau

[…] La collection Verdict éclaire des faits divers récents en plaçant le spectateur dans la position de juré. […] Les bases théoriques de la justice, telles que le rapport entre intention et responsabilité, sont ici finement questionnées.

Les Inrockuptibles 16 janvier 2007


L'Affaire Fauviau

Lancée en 2005, cette collection documentaire de France 5 apporte un éclairage sur des affaires criminelles peu médiatisées. A la différence de « Faites entrer l'accusé », sur France 2, « Verdict » se focalise sur le moment du procès. Les débats d'audience sont relatés et illustrés par les témoignages des principaux protagonistes. […] Si « Verdict » lève le voile sur des moments du procès ignorés des caméras, l'émission joue aussi un rôle pédagogique en familiarisant le téléspectateur avec une institution judiciaire aujourd'hui critiquée de toutes parts.

Le Monde 14-15 janvier 2007


Place au doute

[…] En s'attachant au tempo judiciaire, en suscitant une ronde polyphonique de témoins aux convictions contradictoires de préférence à une vision unilatérale, Patrick Benquet et Jean-Charles Marchand tentent d'expliquer plutôt que de stigmatiser. Leur travail renoue avec la veine d'une émission jadis proposée par Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet : « En votre âme et conscience ». D'où une télévision à nouveau en quête de vérité tâtonnante et non à la poursuite de coupables livrés en pâture au public.

Le Nouvel Observateur 13 janvier 2007


L'affaire Maurice

Mettre le téléspectateur dans la peau d'un juré de cour d'assises, voilà l'ambition affichée de la deuxième saison de la série documentaire Verdict. Et face aux questions, revirements, divers états de doute et de conviction traversés durant les cinquante-deux minutes de ce premier épisode, force est de constater que le but est atteint. Avec sobriété, sérieux et surtout un grand souci d'objectivité. […] Mais grâce à un montage habile et aux interventions des protagonistes (avocats, témoins ou experts), le cours du procès semble parfaitement rendu. On saisit alors ce qu'il peut y avoir d'inconfortable dans la position d'un juré et quels chemins tortueux une opinion doit emprunter pour devenir une conviction.

Télérama 13 janvier 2007


L'affaire Alban Novembre

Le 20 juin 2004, Pierre Mével était tué à la cathédrale. Verdict revient sur le procès de son meurtrier. […] Jean-Charles Marchand assistait à ce procès pour l'émission Verdict, diffusée sur France 5. Il a su, dans son reportage, resituer parfaitement l'enjeu de ce procès. De façon particulièrement respectueuse et humaine.

OUESTFRANCE 27 octobre 2007


L'affaire Boutineau

[…] Jean-Charles Marchand a suivi le procès de Kevin Boutineau à la cour d'assises d’Angoulême. Le journaliste ne se contente pas de bien raconter un fait divers, comme il l'a fait dans les volets précédents de cette série documentaire. Il met en lumière, sans voyeurisme ni reconstitution hasardeuse, le travail de la justice du premier jour du procès à l'issue du délibéré. Garçon marqué par l'absence d'un père « monstrueux », muré dans son silence et dans le « déni » total, selon ses proches, Kevin est-il librement passé aux aveux ou les gendarmes les lui ont-ils extorqués au cours de sa garde à vue ? Les témoignages des frères et de la sœur de l'accusé, celui, de sa jeune femme, les conseils des avocats des parties civiles juste avant les dépositions, reconstituent, étape après étape, les pièces d'un drame familial. Moins tourné vers la résolution d'un crime que vers l'exploration d'une énigme psychologique, verdict traite avec humanité une affaire pourtant sordide.

Télérama 14 mai 2008


Justice ordinaire

Une approche sensible d'un fait divers aussi sordide que dérisoire.

La série documentaire « Verdict » a pour ambition de passer au crible des affaires judiciaires que l'on pourrait qualifier d'« ordinaires ". En tout cas, pas de celles qui ont défrayé la chronique ou fait la une des journaux. Il s'agit là de drames du quotidien, de hasards du destin ou de pulsions incontrôlées qui font basculer une vie. C'est dans cette dernière catégorie que se range l'« Affaire Boutineau », du nom de ce garçon d'une vingtaine d'années qui a abattu de sang-froid sa mère et, son beau-père, dans leur sommeil. […] La caméra suit les trois jours de procès de l'intérieur, - sans pour autant tomber dans le voyeurisme  une posture délicate, mais maîtrisée. Chaque audience est entrecoupée d'images relatant les faits, et d'interviews de proches ou de professionnels de la justice impliqués dans l'affaire. Somme toute, une bonne image de la justice française au quotidien.

Le Nouvel Observateur 29 novembre 2007


Verdict : L'affaire Laude-Sansuc

[…] C'est avec cette histoire qui présente d'évidentes similitudes avec l'affaire Courjault que France 5 entame la quatrième saison de Verdict. Le principe reste le même : tenter d'éclairer, sans voyeurisme ni reconstitution hasardeuse, le travail de la justice sur des affaires criminelles peu médiatisées. Comme lors des précédentes saisons, le procès d'assises constitue la trame principale de chacun des dix documentaires. La loi française interdisant toujours de filmer les débats, avocats, experts et témoins s'expriment en dehors du prétoire. Ils racontent chacun avec leurs mots des vies qui basculent dans le drame et le déroulement d'un procès dont ils sont les acteurs souvent involontaires. Insensiblement, le téléspectateur bascule, lui, dans la peau du juré, avec ses doutes et ses interrogations. Verdict. Une série documentaire rodée et de bon niveau qui permet de mieux comprendre la difficulté de juger.

Olivier Milot

Télérama n° 3090 – 1er avril 2009


Verdict : L’affaire Corrèges

[…] L’intérêt de cette affaire ne réside pas dans le questionnement de la culpabilité de Corrèges, mais dans la valeur à accorder à sa « réinsertion ». L’homme qui se confie à la caméra a manifestement changé. Faut-il le condamner lourdement pour ce qu’il a fait ou lui laisser une chance de refaire sa vie dans un délai raisonnable ? Comme cette série est bien construite, la question vaut aussi bien pour le jury que pour le téléspectateur.

Télérama 20 mai 2009


L'affaire Bernard sur France 5

[…] Dans la série «Documentaire», diffusée sur France 5 le samedi, Karine Dusfour et Jean-Charles Marchand ont décortiqué le parcours de celle qui a tué et celui de son compagnon.

Ils brossent le portrait d'une marginale à la vie instable, héritée d'une jeunesse douloureuse, et celui d'une victime qui, après une série d'échecs, est devenue prisonnière de l'alcool. Les deux réalisateurs suivent l'affaire jusqu'au procès qui a connu deux épisodes. En juin 2009, Catherine Bernard ne s'était pas présentée devant la cour d'assises de la Charente. Elle avait été condamnée puis rejugée, en sa présence, en juin dernier.

La Charente Libre, 3 décembre 2010


Sous influence

[…] Une fois encore, cette captivante série documentaire met le téléspectateur dans la peau d'un des jurés.

AnneSophie Hojlo

TéléObs n°2401 du 13 au 19 novembre 2010


FRANCE INFO

TRANCHE 9H07/9H29 – Le 08/10/2010 – 09:25:25

Nicolas POINCARE : On va parler un peu télévision maintenant ! Il y a une série documentaire, qui passe depuis quelques saisons maintenant, le samedi après-midi sur FRANCE 5, à 16 h 55 exactement - juste avant 17 h - et qui s’appelle « VERDICT ». Bonjour ! Jean-Charles MARCHAND.

Jean-Charles MARCHAND : Bonjour.

Nicolas POINCARE : C’est vous le patron de cette série documentaire, ça reprend donc une nouvelle saison. C’est quoi ? C’est à la fois du reportage et du documentaire autour d’un crime ?

Jean-Charles MARCHAND : C’est à la fois du reportage et du documentaire, oui, tout à fait. Vous parliez tout à l’heure de faits divers, je serais plus restrictif là-dessus, je veux dire ce terme est bien trop vague et bien trop galvaudé pour qualifier ce à quoi nous nous attachons. Nous nous attachons exclusivement au crime, à l’analyse du passage à l’acte criminel, à partir d’un dossier lorsqu’il arrive au stade de l’audience de Cour d’Assises, puisque ce sont des crimes, donc c’est la Cour d’Assises, les délits étant réservés aux Correctionnelles, donc « VERDICT » - comme on nom l’indique – ne peut que s’appliquer qu’aux Cours d’Assises. Voilà ! Nous essayons en fait, à partir d’un dossier criminel, de remonter un peu toutes les ficelles (psychologiques, sociologiques, circonstancielles, policières) de manière à aller au plus profond de ce que ce crime signifie tant pour son auteur que pour les victimes, que pour la société.

Nicolas POINCARE : Vous êtes le Christophe HONDELATTE de FRANCE 5 ?

Jean-Charles MARCHAND : Non ! Pour une simple et bonne raison, c’est que je n’apparais jamais à l’écran, c’est une émission qui n’a pas de présentateur, c’est une émission...

Nicolas POINCARE : Vous n’avez pas de blouson en cuir, à la fin vous ne mettez pas votre blouson en cuir pour dire : « Au revoir ! A la semaine prochaine » ?

Jean-Charles MARCHAND : Non ! Non, non, d’ailleurs je préfère les livres aux blousons de cuir, même si j’en porte un...

Nicolas POINCARE : Mais, Jean-Charles MARCHAND, vous avez quand même une certaine légitimité à parler de ça, ça fait combien d’années maintenant que vous vous intéressez, d’abord pour la radio, maintenant pour la télévision, à ces crimes ?

Jean-Charles MARCHAND : 24 ans pour la radio, 6 ans pour la presse écrite et 5 ou 6 ans pour la télévision, j’ai commencé en 74 et j’ai commencé d’ailleurs à une époque où la Cour d’Assises était autre chose qu’aujourd’hui, ce qui n’est pas du tout un qualificatif moral, encore une fois le...

Nicolas POINCARE : Oui ! C’était autre chose, parce qu’il y avait la peine de mort ?

Jean-Charles MARCHAND : Il y avait la peine de mort effectivement et je revois encore parfois dans mes cauchemars certaines décisions de peines de mort rendues à 4 h du matin sous les applaudissements du public, sous les applaudissements du public, ça ce sont des choses qui me sont restées en mémoire. Mais bon ! La Cour d’Assises à l’époque, évidemment quand je dis c’était autre chose, c’est parce que quand même le président de Cour d’Assises était l’homme en France qui avait le pouvoir de vie ou de mort sur quelqu’un d’autre.

Nicolas POINCARE : Alors « VERDICT » ça reprend demain, donc pour une nouvelle saison, avec l’affaire CARRERE. Alors ça c’est une affaire absolument incroyable, une femme qui a été jugée 4 fois par la Cour d’Assises en gros ?

Jean-Charles MARCHAND : Oui ! C’est une dame qui a été poursuivie pour… la complicité d’assassinat de son mari, puisqu’elle ne peut pas avoir commis elle directement le crime pour des raisons matérielles qu’il est inutile d’expliquer, en revanche on lui a trouvé un mobile, mais on ne lui a pas trouvé de complice, or, si elle est complice d’assassinat, faut-il encore qu’il y ait un assassin. Elle a donc été jugée une première fois à Beauvais, il y a eu un problème d’expert, donc on a renvoyé l’audience pour la reprendre en 2005 ; en 2005 elle a été condamnée pour homicide alors qu’elle était poursuivie pour complicité d’assassinat, elle a fait appel ; elle est arrivée donc en 2008 à la Cour d’Assises d’Appel d’Amiens où, là encore, s’est posé encore un nouveau problème expertal, donc le président a renvoyé l’audience ; elle a été jugée effectivement, je crois que c’est une grande première en matière judiciaire depuis au moins l’appel aux Assises de 2001, elle a été rejugée une quatrième fois en juin 2010, donc il n’y a pas tellement longtemps...

Nicolas POINCARE : Tout récemment !

Jean-Charles MARCHAND Nous avons suivi cette dame depuis un peu plus de deux ans oui, pendant un peu plus de deux ans.

Nicolas POINCARE : Voilà ! Histoire incroyable donc, donc en première Instance elle avait été condamnée à 15 ans de prison, au printemps dernier elle a su son dernier verdict et… on ne le donne pas, il faut regarder « VERDICT » demain soir sur FRANCE 5 pour savoir comment se termine cette affaire assez hors normes. Merci beaucoup Jean-Charles MARCHAND d’être venu nous présenter votre émission, donc « VERDICT » tous les samedis, enfin régulièrement le samedi sur FRANCE 5.

09:29:35 FIN


L'affaire Carrère

Proposé par Jean-Charles Marchand. Réalisation: Patrick Benquet (France, 2010). 60 mn. Inédit.

Interrogeant les témoins (secouristes, experts, amis, famille ...), Jacqueline Carrère elle-même et ses avocats (Hubert Delarue et Franck Berton), Verdict déroule le fil d'une histoire plus complexe qu'il n'y paraît, et analyse la personnalité de l'accusée. L'audience criminelle qui n'est pas filmée reste la « colonne vertébrale » de l'affaire. Mais en confrontant les images tournées au moment des procès de 2005 et 2008 à celles d'aujourd'hui, ce documentaire capte la chair d'histoires humaines et contradictoires. Avoir de gros, défauts (la cupidité, l'absence de fibre maternelle) ne constitue pas forcément un mobile pour tuer.

Emmanuelle Skyvington

Télérama n° 3169 du 9 au 15 octobre 2010


Le vieux fusil

Une plongée au cœur d'un procès d'assises.

[…] La série documentaire « Verdict » nous plonge au cœur d'un fait divers, de la reconstitution des faits jusqu'au procès. La caméra n'entre pas dans le prétoire, mais les témoignages des protagonistes nous permettent de suivre les débats à chaque interruption de séance. […] Peu à peu, la personnalité et le parcours de l'accusée se dessinent. Et le téléspectateur se retrouve dans la position du dixième juré. Passionnant.

AnneSophie Hojlo

TéléObs n°2400 du 6 au 12 novembre 2010


Crime ou accident ?

Yves Audran a tué Francis Hosteins, 51 ans, opposé à sa relation avec sa fille Coralie.

[…] Comme à chaque fois avec « Verdict », ce film place le spectateur au centre d'un procès. Effets de manche des avocats, convictions, petits arrangements avec les jurés, mimiques sont filmés au plus près. Les experts défilent. Tout cela est fort didactique, et le spectateur est en mesure de répondre aux deux questions clés de cette affaire: Yves Audran n'avait pas l'intention de donner la mort. Mais sa violence envers la victime était préméditée.

Lisa Telfizian

TéléObs


"Verdict", le sérial documentaire, revient sur France 5

La saison 7 de l'émission Verdict, qui a débarqué en septembre, propose dix nouveaux épisodes exposant chacun une affaire criminelle, de sa genèse à l'audience finale. Cette fois-ci, l'accent est mis sur la délicate question de l'intentionnalité criminelle, Jean-Charles Marchand, le journaliste auteur de la collection, privilégie la réflexion, l'analyse clinique à la vision morale sinon spectaculaire et morbide du fait divers. «Verdict tente de restituer un sens à un acte criminel», souligne le journaliste qui a déjà publié Passages à l'acte, un ouvrage dont nous vous avions parlé dans Causette 22. Dans Verdict, qu'il s'agisse d'un homme âgé qui tue son fils de 40 ans (L'affaire Borgna, à voir le 3 novembre) ou d'un viticulteur excédé qui s'acharne sur un vendeur d'outillage (L'affaire Jacquemin, à voir le 13 octobre), c'est en retraçant les processus de socialisation des accusés, avec l'aide d'experts en psychiatrie, psychologie et sociologie, que l'acte criminel est peu à peu décrypté. Pour partager ses analyses et ses investigations, Jean-Charles Marchand propose un site Internet, Verdict-doc.fr, où l'on pourra, par exemple, consulter des statistiques pénales ou psychosociales et découvrir l'histoire de l'anthropologie criminelle.

Un prolongement à ce travail passionnant.

Diffusion sur France 5. le samedi à 16 h 55. jusqu'au 17 novembre.

Anne-Laure PINEAU

Causette n°28, Octobre 2012


"Verdict" reviendra sur France 5 le 15 septembre

L'émission "Verdict", proposée par France 5, revient pour une nouvelle saison. Le principe? "Verdict" est une série documentaire qui décrypte le fonctionnement de la justice pénale à travers des procès d'assises.

Au programme de la septième saison : dix documentaires centrés sur l'intentionnalité criminelle avec des témoignages des protagonistes de chaque dossier, les opinions des avocats et des magistrats de l'accusation ainsi que les analyses d'experts.
Le premier épisode diffusé se concentre sur "L'affaire Rist". Récidiviste, Emmanuel Rist, 41 ans, comparaît devant la cour d'assises du Haut-Rhin. Il est accusé d'avoir abattu, en mai 2001, Mohammed Madsini, un vendeur ambulant de tapis, auquel il reprochait de se trouver « en zone germanique ». La personnalité de Rist, adepte déclaré de l'idéologie néo-nazie, est complexe. Si la préméditation du crime est reconnue à l'audience, il encoure la réclusion criminelle à perpétué.
Prochaine diffusion de "Verdict": "L'affaire Rist", le 15 septembre à 16h55 sur France 5. L'épisode sera rediffusé le 24 septembre à 15h35.


Télérama n°3270 - sept 2012 (.PDF)


Verdict : l’affaire Rist

[…] Décryptage de quatre jours d’audience aux assises du Haut-Rhin, cet excellent documentaire cerne la personnalité complexe de l’accusé […] Filmé sans pathos ni dramatisation, cette approche de la haine xénophobe est un modèle de sobriété journalistique.

Hélène Rochette

La Vie 13/09/2012


Télérama n°3270 - sept 2012 (.PDF)


L'Express 19-09-2012 (.PDF)


Carnage inexplicable

Pourquoi Marianne Lafosse a-t-elle décimé une partie de sa famille ? […] L’affaire Lafosse trouve tout naturellement sa triste place dans cette 7ème saison de « Verdict » consacrée à la problématique de l’intentionnalité criminelle. Le procès aura beau révéler un profond déficit narcissique chez l’accusée ainsi qu’une existence très précaire et coupée du monde, son acte, aussi terrible pour les disparus que pour les survivants résiste à l’analyse.

Isabelle Pia

Ciné-Télé Obs 04/10/2012


« L'affaire Seridi est une affaire atypique »

France 5 diffuse demain un « Verdict » consacré au procès dans l'affaire du meurtre de Jennifer Charron.


La caméra de l'émission « Verdict » a suivi chaque étape marquante du procès d'Abdelaziz Seridi, jusqu'à son acquittement,
prononcé dans la soirée du 16 décembre 2011 (photo archives Ronan Chérel)

Journaliste et chroniqueur judiciaire depuis 1974, Jean-Charles Marchand s'est toujours intéressé aux ressorts du crime plus qu'à ses circonstances. Avec « Verdict », série de documentaires diffusés sur France 5, il prend appui sur des procès d'assises pour éclairer le spectateur sur le cheminement qui mène au passage à l'acte. Jean-Charles a suivi le procès d'Abdelaziz Seridi, dit Samir, accusé - et acquitté - du meurtre de Jennifer Charron en avril 2007 (1). Un acquittement qui n'éclaire pas sur « l'intentionnalité du crime », mais qui fait de cette affaire un cas « atypique ».
- « Sud Ouest ». Avec « Verdict », en vous appuyant sur un procès d'assises, vous vous interrogez, au-delà des faits, sur les motivations du ou des auteurs…
- Jean-Charles Marchand. Je pense qu'il est possible de sortir de la fatalité du fait divers, qui, s'il n'est que la simple « monstration » - ou l'exhibition, selon les points de vue - des faits eux-mêmes, de l'acte meurtrier, de sa monstruosité, de la traque qui a mené à l'auteur, ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse, c'est de mettre en perspective la personnalité de l'accusé d'un côté, son parcours, tous les éléments qui l'ont construit socialement et psychologiquement, et l'acte qu'il a commis de l'autre, d'articuler cette personnalité avec les circonstances, pour tenter de comprendre ce qui l'a conduit à commettre l'acte. Comprendre ne voulant pas dire excuser, bien sûr. Alors, évidemment, vous m'objecterez que dans l'affaire Seridi, il n'y a rien à comprendre puisque l'accusé a été acquitté (il sourit).
- Effectivement. D'ailleurs, ce document consacré à l'affaire trouve-t-il sa place dans cette série dans laquelle vous vous penchez plus particulièrement sur «l'intentionnalité criminelle» ?
- Il nous est arrivé de diffuser des affaires aboutissant à un acquittement, ce n'est pas une première. Dans chacune de nos séries (2), on trouve un cas atypique. L'affaire Seridi est l'affaire atypique de cette saison. Ce qui l'est en premier lieu, d'ailleurs, c'est le processus procédural qui a conduit à une situation elle-même atypique : juger une affaire en l'absence de celui que tous les éléments objectifs désignent comme le coupable, avec pour seul accusé restant quelqu'un dont le seul tort aura d'avoir eu un parcours chaotique, un peu en marge.
- Celui que tout accuse, c'est Jose Mendes, mort en détention le 5 décembre 2010. Celui qui a été jugé, c'est Abdelaziz Seridi, dit Samir. L'acquittement de ce dernier coulait de source ?
- Malgré l'expérience, je me garde toujours de faire un pronostic en début de procès. J'adopte, pour ces films, une démarche psychosociologique, car les deux aspects sont indissociables, à mon sens. Et je reprends toujours les fondamentaux : un crime est toujours la rencontre d'une personnalité et d'une circonstance. À un moment ou à un autre, certaines personnes vont se retrouver confrontées à une situation que leur structuration mentale propre va rendre, je dirais, inacceptable, et les conduire à passer à l'acte. Pour m'être entretenu avec lui en amont du procès, l'avoir entendu au cours de cette semaine d'assises, je n'ai pas senti cette structuration chez Abdelaziz Seridi.
- En observateur encore une fois expérimenté, vous relevez la qualité des investigations qui ont été menées.
- De fait. Les parties civiles, la famille ou les proches de la famille, ont toujours besoin que le mal fait à leur proche soit incarné. Ce qui explique que les parents de Jennifer restent convaincus de l'implication de Samir. Mais leur handicap, c'est la qualité de l'instruction ! Je ne connais pas le juge (Serge Rey, NDLR), mais professionnellement, il est bon. Demander un survol d'une zone en hélico (pour tenter de prouver les explications de Mendes pour sa défense, NDLR), transporter Mendes sur place, peu de juges l'aurait fait.
(1) « Verdict : l'affaire Seridi », demain, à 16 h 55, sur France 5.
(2) Jean-Charles Marchand a déjà réalisé 46 films, en sept séries. « Verdict » est diffusé sur France 5 depuis 2005.

Ronan Chérel

Sud-Ouest 09/11/2012


L'heure du crime

La télévision, si aisément critiquable, est également le refuge de quelques séries documentaires de qualité comme Verdict (France 5). A rebours des émissions judiciaires qui placent le spectateur en position de voyeur, les reportages réalisés pour Verdict nous plongent au cœur de la vie « ordinaire » d’une cour d’assises de province, sans pathos ni effets de dramatisation. Pas besoin d’en rajouter, la complexité des individus, le poids des destins qu’on devine, les zones d’ombre recouvrant les faits, suffisent à rendre l’approche captivante. Publié le 3 décembre 2012 par journaldejane .

Le Journal de Jane 3 décembre 2012